Lundi après midi en RTT dans un magasin de bricolage dont je tais ici l’enseigne, l’idée ou plutôt l’envie (non pas celle qui échappe à la raison mais bien une envie raisonnée) me prit d’aller me confesser. N’allez pas voir ici un rapport avec le bricolage ou le magasin en question, mais plutôt en mon for intérieur, là ou la conscience est éclairée par la Vérité.
Bref à ce moment là j’avais envie de recevoir de mon Créateur le sacrement de réconciliation.
J’étais venu acheter de la peinture et voila que j’avais besoin de repeindre mon âme de blanc, un blanc « d’une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille » Mt XVII 1-9
Il fallait de que je trouve un prêtre.
Sitôt réglé mes achats. Je reprends ma voiture et me met en recherche d’une église.
Cela ne devrait pas être bien difficile. Dans ma ville je les connais presque toutes. J’évite toujours soigneusement celle que je fréquente hebdomadairement, je ne sais pas pourquoi, c’est une habitude. Vous me direz peut être « nul n’est prophète en son pays » mais c’est autre chose. Et puis Dieu est présent derrière chaque prêtre, c’est la même maison. Ce ne sont que les ambassadeurs qui changent.
Comme j’étais en voiture, je prenais soin de me diriger vers celles qui possédaient une possibilité de se garer facilement, cela devait être question d’une heure au plus : trajet, attente dans l’église, confession, et pénitence (pas trop salée j’espère).
Je m’arrête devant une paroisse, et quelle paroisse ! celle de mon patronyme. On ne peut faire mieux un lundi après midi. Je me gare facilement et me dirige vers la grande porte.
Fermée. Tant qu’a cela ne tienne, je me dirige vers la sacristie, c’est normal toutes les paroisses ne sont pas ouvertes tout le temps.
Sacristie fermée. Je compose le numéro de téléphone affichée sur la porte. Je tombe sur un répondeur. Le lundi c’est fermé. Fermé comme les coiffeurs, encore que maintenant certains sont ouverts. L’église ferait-elle les 35 heures. J’ironise un peu je sais que les prêtres ont un agenda de ministre (je ne parle pas de ceux qui ont un petit portefeuille) .
Vous me croirez, ou non mais j’ai du faire au moins 5 ou 6 paroisses avant le soir pour n’obtenir qu’un numéro te téléphone ou quelqu’un pourrait me confesser. Ayant des impératifs familiaux, j’ai du repousser ce désir de confession.
Chers prêtres, vous savez, que l’essence de votre mission est en partie basée sur le sacrement de réconciliation. Vous pouvez déléguer la plupart des sacrements (hormis celui de la confirmation réservé à l’évêque) Le seul que vous ne puissiez pas mandater est bien celui de la réconciliation. C’est lui qui vous fait vivre, il est celui qui donne toute votre raison d’être en tant que prêtre. Qui pardonnera à votre place au non de Dieu, si vous ne vous rendez pas disponibles.
Alors je peux comprendre, de nos jours la confession n’est plus un acte aussi fréquent, nous avons tendance (y compris moi, je ne m’exclue pas du lot, pauvre pécheur que je suis) à revoir notre morale, diminuer l’impact et l’importance de nos fautes. Chaque péché non confessé obscurcit notre conscience et l’éloigne de la Vérité. En s’éloignant de la Vérité, la distinction du bien et du mal s’obscurcit. On perd peu à peu le « mode d’emploi de l’homme » si cher à Benoit XVI, déjà quand il était cardinal Ratzinger, il nous mettait en garde. Comment ne pas voir le parallèle entre le développement des consultations psy avec la perte de fréquentation des confessionnaux. Alors oui, oui je me confesse régulièrement, c’est sûrement les mêmes péchés (heureusement je n’en ai pas d’autres nouveaux) , on s’améliore après chaque confession, souvent on rechute, que voulez vous ! Il doit quand même y avoir un peu de joie dans le Ciel quand je me repends de mes fautes.
[edit] Une petite coïncidence, ne pourrait-on pas dire un déguisement de Dieu dans ce post de David sur les confesseur de Notre Dame de Paris